Connaissez-vous l'excellent jeu Question de Merde ? Derrière ce nom provoc' se cache un jeu mêlant subtilement humour et philosophie (si si !), édité par le label français Le Droit de Perdre. J'ai le plaisir de vous présenter Franz et Gabriel, auteurs de ce label, qui me font le plaisir de répondre à quelques questions !

Crédits photo : ledroitdeperdre.com
Qui êtes-vous et quels sont vos parcours personnels ?
- Franz : Je suis Franz LeJeune, auteur satirique, et François Lang dans la vraie vie. Après des études de relations internationales à Sciences Po, j'ai tout de suite créé une boîte de jeu. J'ai commencé par créer des jeux pour la communication des entreprises pendant 2 ans avant de passer au métier d'éditeur.
- Gab : Gabriel Munch-Andersen, Danois mais arrivé en France à l'âge de 5 ans, donc pratiquement Français. J'ai suivi des études d'informatique à Epitech une fois mon Bac en poche. J'ai ensuite rejoint Dailymotion de 2006 à 2008, puis une autre startup à Londres, SocialGO. Je suis revenu en France en 2010 pour me mettre à fond sur le label ledroitdeperdre.com avec François et monter à côté une agence de créa Web, BBS Concept.
Comment vous est venue l’idée de créer votre label « Le Droit de Perdre » ?
- Franz : En mai 2009, lors d'une soirée, on a eu l'idée de faire un jeu avec que des "Questions de merde". Notre société s'appelant "Longalive Games", il fallait trouver un nom plus sympathique pour l'éditer. Comme on songeait déjà à faire plusieurs jeux dans la même veine, on s'est appliqué à trouver un nom cohérent avec notre projet. "ledroitdeperdre.com" s'est imposé naturellement, vu l'importance secondaire accordée aux règles et aux vainqueurs dans nos créations.
- Gab : J'étais à Londres quand François m'a proposé de développer le site ledroitdeperdre.com. L'idée m'a tout de suite plu et m'a permis de me lancer dans le e-commerce, avec une touche de marketing décalé.

Quel bilan pouvez-vous faire à l’heure actuel sur votre jeu phare « Question de merde » ?
- Franz : Nous venons de passer le cap des 12.000 ventes en bientôt 2 ans. Ce qui nous réjouit le plus dans ce petit succès, c'est qu'il s'est fait sans buzz médiatique ni campagne de pub (on a même laissé tomber les Google Ads). Nous pensons que c'est le résultat à la fois d'un excellent bouche-à-oreilles, du bon travail de nos distributeurs et d'une bonne conception au départ. Grâce à "Questions de merde", nous avons pu éditer "Méditations foireuses" en 2010 et "Enigmes absurdes" en 2011, qui viennent compléter ce que nous appelons "la Trilogie Insolente".
- Gab : Grâce aux bonnes ventes du jeu, on a pu continuer l'aventure et on a notamment été amené à ouvrir nos bureaux-boutique à Paris, juste en dessous du Moulin Rouge. Le lieu s'appelle "La Fausse Boutique" et accueille tous les curieux qui veulent découvrir des produits insolites comme "Questions de merde". Aujourd'hui, nos partenaires font de la lessive pour hommes, des capsules anti-gueule de bois. C'est un univers de travail qui nous plaît !

A qui destinez-vous ces jeux, et à qui peut-on les offrir ?
- Franz : La mention sur les paquets recommande de jouer entre personnes "matures et vaccinées". Pour nous, toute personne ouverte d'esprit et curieuse de mieux connaître les autres en s'amusant est susceptible d'aimer ce jeu. Il est très apprécié en cadeau à des amis ou des proches, dont on sait qu'ils ont un certain sens de l'humour.
- Gab : A toute personne un peu décalée, qui aime rigoler, faire des blagues et surtout ne pas se prendre la tête. On peut aussi l'offrir à à son patron si on s'entend très bien avec
Après, c'est important de comprendre que ce n'est pas un jeu de société traditionnel, mais bien un jeu satirique. Le but, c'est de s'amuser, pas vraiment de gagner.
Sur quoi travaillez-vous aujourd’hui ?
- Franz : Début juillet, nous sortons notre 4e jeu, dont le titre est tout simplement "Taggle". La signature précise qu'il s'agit du "jeu qui vous donne une bonne occasion de l'ouvrir". Cette fois-ci, nous sortons du format jeu de cartes et proposons une belle boîte pavée, toujours d'un design sobre et élégant, avec à l'intérieur une matière explosive pour s'envoyer des répliques qui tuent entre joueurs. Ce jeu est aussi le premier signé par d'autres auteurs, donc merci à Yves Hirschfeld & Fabien Bleuze.
- Gab : Via l'agence BBS Concept, j'ai lancé en avril le site Stickaz.com, qui propose des stickers au format pixel art. Nous gérons ce projet également ensemble depuis "la fausse boutique". On s'inspire pas mal de l'expérience gagnée avec les jeux pour faire connaître ce nouveau concept.

D’autres projets pour l’avenir ?
- Franz : Une fois le 4e jeu sorti, on va surtout faire un effort pour faire connaître notre catalogue iconoclaste. Nous aimerions que ce style satirique gagne en reconnaissance, car ce n'est pas si évident de créer des jeux qui ont l'air si simple. Sinon, nous songeons fortement à nous lancer dans l'édition de livres décaler, car notre démarche un brin provocatrice ne devrait pas se limiter au jeu.
- Gab : Pour nous, l'essentiel c'est de rester ouvert à toute bonne idée. Les business-plan qui vous dictent vos 3 prochaines années, c'est pas trop notre truc.
Enfin, pour vous, quelles sont les clefs de la réussite d’un cadeau ?
- Franz : Un petit cadeau réussi, c'est celui qu'on peut tester dès l'instant où il a été offert et qui fait découvrir de nouvelles choses à celui qui le reçoit.
- Gab : Un bon cadeau fait sourire dès qu'on le reçoit et c'est encore mieux si c'est un produit auquel on ne s'attend pas du tout !
Merci à tous les deux de s'être prêté au jeu de l'interview, et excellente continuation pour la suite !!!